Hello à tous, j’espère que vous allez bien ? Pour une fois je ne vous parle pas de musique mais d’un sujet qui m’a paru important, le deuil. Si j’ai choisi de vous parler de cela aujourd’hui plutôt que d’un album de musique, c’est parce que je suis passé par là deux fois en moins de 4 ans.

Les deux personnes qui m’ont quitté étaient très importantes pour moi puisqu’il s’agissait de mes parents. Parler de deuil, n’est pas quelque chose de facile, non seulement parce que cela signifie que l’on a perdu quelqu’un mais aussi parce que je ne veux donner l’impression que j’ai trouvé de solution miracle pour aller bien après ce genre d’événements. 

Rassurer je ne vais pas vous raconter ma vie en détail, mais j’ai senti le besoin de vous parler de ma façon de traverser cette étape si difficile. Je ne vous donnerai pas des solutions pour aller mieux, tout simplement parce que chacun vit ce moment à sa manière. Il n’y a pas de « remèdes miracles » au deuil. Le deuil s’est une affaire personnelle mais en parler peut vous aider. Le but de cet article n’est pas de vous faire pleurer, ni de vous donner envie de me plaindre, mais plutôt de vous aider d’une certaine manière, à ma façon.

Mon premier deuil

A quelques semaines de fêter mon 18ème anniversaire, et à deux jours de Noel, j’ai perdu ma maman brutalement. Je n’étais pas préparé à vivre ça, j’allais avoir 18 ans, je me préparais à fêter Noël en famille, à organiser mon premier nouvel an entre amis dans une salle qu’on avait loué. Et là tout s’est arrêté, comme si la Terre venait de cesser de tourner. J’avais déjà perdu un proche étant enfant mais je n’en avais gardé que très peu de souvenirs. Je ne connaissais pas cette sensation, l’impression que le monde s’écroule autour de vous. Je devais sortir avec mes amis pour acheter ma robe du nouvel an, ce matin là.

deuil décès novembre toussaint

Le matin de Noël avait lieu les obsèques, et j’ai ressenti un énorme sentiment de culpabilité envers mon amoureux, mes amis à qui je faisais vivre une matinée de réveillon horrible. Assister à des obsèques un 24 décembre, je ne pensais que tous mes amis feraient les déplacements ce jour là. C’est là qu’à commencer vraiment mon travail de deuil.

On peut croire que le travail commence lorsque l’on va à la chambre funéraire, mais pour moi, y entrer a été vraiment compliqué. J’ai mis des heures avant d’entrer dans cette pièce. Je ressentais une appréhension qui me disait « n’y vas ! » Il aurait fallu affronter une vérité que je ne voulais pas reconnaître. 

L’une de mes meilleures amies m’avait conseillé de mettre une lettre adressée à ma mère dans le cercueil, lui écrire tout ce que je ressentais, lâcher ma peine sur cette lettre pour commencer à sortir la tête de l’eau. Mais trop fière, je n’ai pas suivi ce conseil, je suis une dure à cuire à l’extérieur, j’ai très peu pleuré les premiers jours. Ma peine m’a vite rattrapée. Mon deuil m’a rappelé à l’ordre quelques jours après. Fêter Noël a semblé un peu superflu mais nous avons quand même réveillonné pour ne pas perturber de trop les plus jeunes de la famille et ne pas leur laisser un mauvais souvenir en ce jour de fête. 

J’ai alors commencé à extérioriser et j’ai trouvé une façon moins douloureuse d’avancer. Parler d’elle, me rappeler ce qu’on faisait, ce dont on discutait, même nos embrouilles, faire ça m’a aidé à me faire à l’idée que c’était terminé. 

Voir sa famille faire son deuil est difficile, chacun gère la chose à sa manière. Chacun exprime sa peine ou la garde pour soi. Ne forcez pas quelqu’un à en parler si il ne le veut pas. On m’a proposé d’aller voir un psychologue j’ai catégoriquement refusé. Pas parce que je n’avais pas envie de parler, mais simplement parce que je ne voulais pas en parler avec une personne qui ne me connaissait pas et qui ne la connaissait pas. J’ai choisi de faire mon deuil, seule

J’ai fait le choix de fêter quand même le nouvel an entre amis. Vous trouvez peut être ce choix étrange, mais il fallait que je pense à autre chose,  que je passe un moment heureux, que je puisse rire avec mes ami(e)s, que je vois des gens qui allaient bien pour moi aussi aller mieux. Je n’ai pas ignoré mon deuil, j’ai préféré me concentrer sur du positif, m’occuper l’esprit pour aller de l’avant. J’avais besoin de rire. 

Ce n’est peut être pas la meilleure solution, mais ça m’a beaucoup aidé. Continuer à vivre, avoir des hauts et des bas, mais s’appuyer sur les hauts pour ne pas sombrer. Continuer de rire, de plaisanter, de parler de ma mère sans tabou, ne pas esquiver les questions des gens, tout ça m’a aidé à passer ce deuil. Cela m’a aidé à comprendre que la vie ne s’arrêtait pas et qu’il fallait avancer. 

Recommencer un travail de deuil. 

En 2014, 4 ans et demi après le décès de ma maman, c’est mon papa qui nous a quitté après s’être battu contre le cancer durant 1 an. Et là, la terre s’est à nouveau arrêté. On savait que son état de santé s’était terriblement dégradé mais on nous avait parlé de quelques jours encore avant la fin. Mais la maladie a été plus rapide que prévu. Je m’étais préparé à l’idée de la voir partir sans vraiment l’admettre. Ma fierté a repris le dessus, là encore mes larmes ont brillés par leur absence. Je me dis que je devais paraître insensible mais les gens qui me connaissent savent bien que c’est uniquement de la fierté. Ne pas paraître faible est un mot d’ordre chez moi. 

Perdre son deuxième et dernier parent est quelque chose d’angoissant, c’est comme si on changeait tous les musiciens de votre groupe préféré (la musique n’est jamais bien loin avec moi^^), vous serez perdu. Et bien là, j’étais perdue. Il a fallu recommencer un travail de deuil, et finalement c’est encore plus difficile. Recommencer ce qu’on a déjà fait peu sembler simple, mais repasser par le deuil est bien plus dur. On a beau savoir finalement « comment faire » même si ça ne se passe jamais pareil parce que les situations sont différents et que l’on est différents parce que justement on a changé avec le deuil, on est de nouveau perdus dans des sentiments changeants. 

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Alors j’ai repris ce travail sur moi, toujours sans psychologue enfin j’en ai vu une parce que mon père m’avait fait promettre de la rencontrer. Mais cette rencontre m’a conforté dans mon choix de ne pas me tourner vers ce genre de professionnels pour m’aider. J’ai préféré le soutien de ma famille, de mes ami(e)s pour traverser cette nouvelle phase de ma vie. Ce deuil a été différent puisque je m’étais faite à l’idée qu’il n’allait peut être pas gagner contre la maladie. J’ai été en colère contre les médecins, contre mon père parce qu’il a mis des mois à aller voir un médecin alors qu’il savait que quelque chose n’allait pas. Je n’avais pas ressenti cette colère lorsque que ma mère est décédée, car on ne s’y attendait pas. Ce nouveau sentiment de colère sans but comme face à une injustice m’était inconnu et c’est sûrement ce qui m’a le plus perturbé durant ce deuil. 

Là encore j’ai parlé de lui, j’avais besoin de le faire pour ne pas m’arrêter de vivre. Pour ne pas me concentrer sur l’épreuve qui m’attendait. Et cette fois, ça allait être plus compliqué puisque nous n’avions plus de parents et il faut donc faire face à la succession et tous les papiers que cela demande. Il a donc fallu gérer le deuil et faire des papiers à tout va. J’ai mis moins de temps à faire mon deuil mais celui a été plus rude malgré tout. Mes ami(e)s ont bien évidemment répondu présents pour nous soutenir. On reconnaît bien souvent ses amis dans ce genre de moments, ceux qui feront tout pour être là, ou qui auront, s’ils ne peuvent être là, un geste de réconfort qui comptera autant que leur présence. 

J’ai voulu continuer à rire, à vivre, mais les cours étant finis, c’était moins évident de se plonger dans autre chose que la peine. J’ai donc fait face, et j’ai du trouver de nouvelles marques dans ma vie, j’étais habitué à rentrer le weekend et voir mon père, discuter avec lui de mes cours à la fac. J’ai bossé comme une acharnée en cours pour le rendre fier. Continuer mes études m’a aidé, je bossais pour moi, mais aussi pour eux. 

J’ai fait mon deuil, je vais bien, merci. 

Aujourd’hui je vais bien, j’ai passé le cap du deuil. Je continue de parler de mes parents, de ce qu’on faisait. Je suis passé par des phases difficiles encore aujourd’hui certains souvenirs de ces moments me rattrapent et hantent encore mes nuits. Mais le plus dur est derrière moi. Je sais que les gens ne sont pas immortels sur terre, mais ils le sont dans nos mémoires. J’ai appris que parfois les faiblesses sont des forces. Faire son deuil de quelque façon que se soit, ne fait pas de nous des personnes faibles. Mais simplement cette étape fait parmi de la vie.

Cela peut vous sembler stupide, mais j’ai appris à montrer mes faiblesses, à dire que je n’allais pas bien. Je suis quelqu’un de plutôt renfermée côté démonstration de sentiments, mais passer par ces moments m’a aidé à être plus attentive à moi-même quelque part. Faire ces deuils m’a pris du temps, mais j’ai réussi. Chacun prend le temps qu’il lui faut pour passer cette étape. On ne ne sort jamais vraiment du deuil mais on apprends à vivre ces sentiments, à accepter qu’on ait rien pu faire, que de s’apitoyer ne fait pas avancer. Le deuil vous apprend à grandir dans un sens, on mûrit parce qu’on accepte ce genre d’événements. J’ai compris qu’on ne sort pas indemne d’un deuil mais on en sort plus forts.

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Aujourd’hui je fais toujours des études, je continue de vivre, je fais des projets en oubliant jamais d’où je viens, les épreuves qui ont fait de moi qui je suis aujourd’hui. Je regarde vers l’avenir, je suis sorti plus forte des ces moments, et je sais que quelque part avoir vécu la perte de mes parents en étant « jeune », m’a permis de m’endurcir et de passer au dessus de certaines peurs. 

Ma famille est la chose la plus chère à mes yeux, mon cher et tendre m’a beaucoup apporté tout comme mes ami(e)s qui ont été d’un grand soutien. J’ai compris davantage l’importance de la famille, ensemble on est plus forts. Le prochain « hommage » que je veux leur rendre, c’est un tatouage

Alors aujourd’hui je peux vous dire :  « J’ai fait mon deuil, je vais bien, merci. »

Ne vous laissez pas abattre, se sera dur. Mais vous vous en sortirez. Soyez forts, soyez faibles, mais ne renoncez jamais à vous en sortir. Comptez sur vos familles, sur vos amis. Consultez quelqu’un mais n’oubliez jamais que vous êtes en vie et que c’est grâce à vous que vos êtres chers continuent de vivre, au travers de vos souvenirs, et dans vos coeurs.

Je vous envoie plein d’amour et de douces pensées.

Vous avez déjà vécu un deuil ? Comment avez vous gérer ce moment ? Quels conseils pourriez vous donner ? 


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