J’ai vécu de nombreuses années au Mexique, et ce mois-ci il était de circonstance de vous parler de leur fête de la Toussaint à eux: « El dia de los muertos » (le jour des morts) qui reflètent dans toute sa splendeur la joie de vivre mexicaine.

Le jour des morts, un jour de fête. Récit.

Guadalajara – 31 Octobre

Quand j’arrive, la comida est servi sur la table, évidemment mi mama s’est levé aux aurores aujourd’hui pour avoir le temps de cuisiner pour toute la famille. Elle sait que j’adore « el dia de los muertos » et que je serais venu pour l’occasion…

La maison sent un délicieux parfum, de chocolat et de cannelle. Mon frère et ma sœur sont en train de finir de préparer les tacos, la cuisine est en ébullition: de la fumée, des plats recouverts d’aluminium prêt à partir, la marmite de punch sur le feu, un jour classique de fête au Mexique.

« – Il y a des tortillas « hechas a mano » et j’ai fait du chocolat chaud, surveille les frijoles, je vais chercher les tamales y el pan de los muertos! »

recetas-dia-muertos-guanajuato-tamales(Tamales)

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(Pan de los muertos)

Elle file tandis que j’entends klaxonner dehors. Mon oncle Paco, descends de son pick up avec ma tante et mes cousins, chargés de victuailles évidemment.

« – Ouvre-moi la porte ! Me crie-t’il. »

(On n’est pas du genre à se confondre en formalité, dans la maison, on a toujours crié, ri et pleuré ensemble.)

Il a les bras chargés de tamales, bon ça en fera plus pour tout le monde ! Mon cousin débarque, une poignée de main et un abrazo plus tard il est déjà en train de m’appeler « el gringo » – depuis que je suis parti vivre aux Etats-Unis, c’est mon surnom – on échange les nouvelles du moment, ses phrases sont entrecoupés de cris pour répondre à sa mère rester à l’extérieur. Puis il m’aide à charger la voiture, fanions, bougies, chapelet. On a tout.

Ah ce délicieux bazar m’avait manqué !

Ma mère m’appelle, elle me dit qu’elle est coincée dans les embouteillages et qu’on se rejoint directement au cimetière.

Allez c’est parti.

On arrive au cementerio, le challenge pour trouver un endroit ou se garer est de plus en plus difficile chaque année, il faut dire qu’ils ont construits de nombreuses habitations autour et les parkings sauvages ont disparu. Peu importe on se mettra la ou on peut. Je donne 30 pesos aux gamins du quartier pour qu’ils surveillent les voitures. Je lui donnerai le reste au retour.

On décharge la voiture, et je vois ma mère au loin qui débarque et me fait signe de la rejoindre pour l’aider avec les fleurs. Je charge mon petit cousin de trouver quelqu’un pour nous amener des sceaux d’eau près de la tombe de notre grand-père. Je longe l’allée de fleuristes à l’entrée du cimetière tout en me frayant un chemin entre la foule et je la rejoins chez Dona Paty, on a nos habitudes chez elle. On échange les dernières banalités, et deux trois éclats de rire plus tard nous voilà reparti les bras chargés de fleurs.

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La nuit est tombée, les tombes sont recouvertes de milliers de bougies, de fleurs et des fanions de toutes les couleurs ont été accrochés dans les arbres.  Toutes les familles sont regroupées sur la tombe de leurs proches défunts. Les éclats de rires fusent, la nourriture abonde : souvent des tamales, et évidemment du pan de los muertos, tradition oblige. Chaque famille chante ou à mis de la musique. D’une tombe à l’autre elle est différente : mariachis pour les uns, banda pour les autres; Peu importe tant que la personne qu’on est venu voir l’aimait.

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Voila pourquoi le Mexique est si merveilleux.

La façon dont ils célèbrent la mort et directement lié à la façon dont ils vivent la vie.

La mort ne leur fait pas peur, et la vie non plus. Ils savent apprécier chaque instant, et célébrer tout et n’importe quoi. Rire est leur priorité, se plaindre est un concept qui n’existe pas.

Ils vivent libre de toute contrainte. Et si nous nous y mettions ?

Oh oui, je sais notre mentalité de français privilégié (oui parce que nous le sommes) qui se regarde bien trop souvent le nombril nous empêche souvent d’arriver à la conclusion que la vie est belle.

Nous aimons parler de nos problèmes, pendant des heures, nous refaisons le monde autour d’une bonne bouteille de vin à chaque fois que nous pouvons et nous rentrons chez nous satisfait d’avoir fait mouche avec nos arguments tout droit tirés de sources biaisées. Nous nous manifestons à chaque signe de changement, sans savoir réellement si il serait bon ou mauvais. Nous râlons dès que l’occasion se présente, et nous faisons bien souvent une montagne de nos petits bobos.

Nos privilèges de société développée, proie du capitalisme et de la consommation de masse, nous éloigne peu à peu de nos vraies valeurs. De ces valeurs simples qui rendent heureux. Oh bien sur j’étais comme vous et je le suis toujours un peu, alors je ne juge absolument personne, le naturel revient au galop. On ne peut pas aller à l’encontre de notre propre culture et je suis la première à revendiquer la culture française, mais plus pour Piaf, le fromage et le vin rouge que pour notre peur de la vie, des autres et du changement.

Les mexicains sont des gens libres. Libres. Vraiment libres. Leur monde ne s’arrête pas si ils n’ont plus de travail, ils en cherchent un autre. Ils ne baissent pas les bras si un membre de la famille à besoin d’une opération urgente, ils vendront alors tout leurs meubles si il le faut pour la payer. Ils n’attendent pas la fin du lycée pour féliciter leurs enfants, non, une fête sera organisée à la fin de la maternelle, du primaire, du collège, et du lycée. Et attention une fête avec hymne national, uniformes et discours. Ils bloqueront la rue pour la remplir de tables et châteaux gonflables – les économies de tout un mois – pour fêter les 5 ans du petit dernier. Lorsque la ville s’inonde et que le traffic est bloqué, ils n’insulte pas les autres, ils descendent rapidement s’acheter une bière et un paquet de chips, mettent de la musique et patientent.

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(Un taco par jour est la clé du bonheur)

Lorsque quelqu’un décède, ils pleurent, puis ils vont faire la fête. Ils avancent, même si le deuil durera comme pour tout être humain, des mois, voir des années, ils décident d’avancer, et de faire honneur à cette personne.

Et évidemment leur joie de vivre, leur optimisme, ne leur fait pas perdre le nord. Ils savent mener leurs barques pour arriver à leurs fins (je vous rappelle que l’homme le plus riche du monde est mexicain), ils savent profiter du capitalisme, de l’offre et de la demande, ils savent faire du commerce mieux que personnes, ils savent descendre dans la rue lorsque 43 étudiants disparaissent dans la nature et que justice doit être faite. Ils défendent leur honneur et leurs familles en permanence.

La seule différence ? la liberté, la joie de vivre. Libérez-vous des contraintes inutiles, focalisez-vous sur l’essentiel.

Oui bon, d’accord, je vous l’accorde la Téquila (qui pour information est un nom masculin au Mexique) ça aide à voir la vie du bon coté, je vais peut-être suggéré à mes boss de dealer les contrats comme ça maintenant.

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